mercredi 2 décembre 2009

Saint Malo--Enfance en danger : comment gérer l'après Outreau

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                                    CONFERENCE DU PROCUREUR ALEXIS BOUROZ:
  Enfance en danger : comment gérer l'après Outreau - Saint-Malo
 
  
                                           jeudi 19 novembre 2009
Les professionnels de la justice et de l'éducation veulent échapper à la
« dictature du fait divers » à propos des abus sexuels sur les enfants.
Un réseau face à l'opinion
Plus de deux cents personnes, travailleurs sociaux, enseignants, médecins, magistrats, avocats, policiers et gendarmes ont participé toute la journée de mardi à un forum sur les enfants victimes d'abus sexuels. Un sujet qui mobilise, révélant la force et la complexité du réseau reliant tous ces professionnels, invités par la directrice du centre communal d'action sociale, Catherine Jacquemin. Les témoignages se sont succédé.
« Malgré leur indépendance, les magistrats sont perméables à l'opinion publique déclare le procureur Alexis Bouroz. La flambée des signalements d'abus des années 90 s'est effondrée après « le cataclysme d'Outreau », qui a été suivi par ailleurs d'une vague de relaxes. Le système a dû se remettre en question.
La parole de l'enfant
Le Dr Morillon met en avant la fragilité du témoignage, pièce essentielle de l'enquête. « Il faut faire le maximum pour ne pas polluer la parole de l'enfant, qui risque ensuite de se fabriquer de faux souvenirs. » Cela suppose de « le laisser parler sans l'interrompre » et de le questionner ensuite seulement, d'une façon neutre et ouverte, excluant la réponse par oui ou par non. « L'enfant veut faire plaisir en apportant une réponse : il faut lui dire qu'il a le droit de ne pas savoir quoi dire, ou de ne pas avoir compris la question. » Il peut également écrire, ou dessiner, quand il ne peut pas verbaliser l'innommable.
Conseil aux non professionnels : ne multipliez pas les interrogations. Donnez l'alerte : la dénonciation calomnieuse n'existe qu'en cas de volonté de nuire.
L'agresseur
« La monstruosité humaine n'a pas de limite » souligne au passage le procureur, les bébés n'y échappant pas. Il n'y a pas de profil type d'agresseur, même s'il y a des auteurs qui ont été eux-mêmes victimes.
Les milieux carencés, et l'alcoolisme sont mis en avant : ils sont mieux repérés car encadrés par l'aide sociale, mais en fait toutes les classes sont concernées. Même les femmes peuvent être impliquées. Il y a aussi des agressions entre frères et soeurs, ou cousins.
Le rôle de la mère est parfois ambivalent : par rapport à un compagnon dominant qu'elle craint, voire qu'elle aime, par rapport à la peur de perdre les subsides, ou encore vis-à-vis du reste de la fratrie, ou de la pression du reste de la famille. À l'inverse, un divorce peut pousser à l'instrumentalisation contre le conjoint.
L'enfant lui-même déteste ce qu'on lui a fait, mais pas forcément son bourreau. Certains se libèrent en ayant pu mettre un nom sur ce qu'ils ont vécu, d'autres au contraire surprennent en ne montrant pas d'émotion.
Les troubles psychiques sont souvent graves et durables, parfois jusqu'à trente ou quarante ans après. Mais tout varie d'une personnalité à l'autre.

Gérard LEBAILLY. Ouest France






















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