mercredi 24 février 2010

LAURENT LEGUEVAQUE : Justice à tous les étages

Question de : Internaute
Aujourd'hui de plus en plus de voix se font entendre pour dénoncer une "forme d'endogamie" de la justice qui finalement conduit à ce que le parquet, les juges restent entre eux, vivent entre eux, se marient entre eux et se coupent de la société. Ceci étant largement accentué par le fait que les fonctions de juge sont rarement prises par des gens d'horizons différents de celui de l'Ecole de la Magistrature (concours externe inexistant ou dérisoire). Par ailleurs, la défaillance endémique de la justice pose la question du fonctionnement des juges et de leur légitimité depuis Outreau (on compte sur 3500 affaires en 2003, environ 600 non lieux c'est-à-dire des gens innocents en détention)... Aussi par quoi remplacer le juge d'instruction. Certains préfèrent répondre par la mise en place d'une décision collégiale qui perpétue le système actuel alors que bon nombre de démocraties ont abandonné ce mode inquisitoire qui s'emballe trop souvent... D'autres veulent mettre à plat le fonctionnement de la justice et créer un juge d'investigation coupé d'une autre entité juridique qui serait capable de laisser ses droits à la défense (on sait que souvent les avocats doivent ingurgiter 5000 pages d'un dossier la veille d'une audience avec le juge...curieuse méthode de laisser les droits à la défense).
Quel est votre position sur ces sujets sachant qu'il semble qu'Outreau n'accouchera que d'une souris et que la prochaine présidentielle devra s'occuper de la réforme de la justice?

Réponse : Je comprends votre crainte, mais je ne pense pas qu'après la catastrophe - le cataclysme - d'Outreau, le pouvoir puisse se borner à une ènième "réformette"... Sans risquer que ça ne se remarque trop... L'avocat en garde à vue, pourquoi non? Le juge d'instruction élu par la population du lieu où il exerce, ce qui éviterait l'inexpérience - et l'impunité en cas de faute: il suffirait de ne pas le réélire... Pourquoi pas? Pourquoi ne pourrions-nous penser à des solutions plus radicales que ce qui a été tenté auparavant?
Question de : Internaute
Bonjour,

J'ai lu votre dernier livre avec intérêt mais je m'étonne d'un point : Certes, le mensonge a une part trop négligée dans la justice aujourd'hui, mais vous n'évoquez jamais l'aspect moral du mensonge. Un accusé qui avoue d'emblée ou six mois plus tard, est-ce la même chose à vos yeux ?

Je vous remercie de votre réponse.

Réponse : Non, évidemment que reconnaître ses torts plus vite est préférable. Mais je suis pour une écoute inlassable du mensonge, en dépit des inconvénients moraux que je ne nierai pas. Car refuser d'entendre quelqu'un au prétexte qu'il ment, c'est se fermer aux autres. Pensez-vous que, sans mensonge, les mariages puissent tenir le coup? Sans mensonge, sans le droit d'interpréter subjectivement une situation, donc, le lien social se déliterait: un monde sans mensonge serait un univers sans réconfort, sans diplomatie... Un monde de brutes!
Question de : Internaute
Comment fait-on pour former "les bébés juges" comme vous les appelez ? Comment font-ils pour acquérir une expérience ? Il faut bien qu'ils se lancent à un moment ou à un autre, non ?

Réponse : Ils vont à l'école... nationale de magistrature. Une grande école, qu'à l'instar du minitel ou du TGV, le monde entier, parait-il, nous envie... Mais que nul ne copie!
Question de : Internaute
Le mensonge est accordé à l'accusé. Le mise en examen a le droit de mentir. Mais le Juge a-t-il droit de mentir dans le cadre de sa procédure ? L'avocat a-t-il le droit de mentir à son client piur le berner, l'escroquer, l'humilier ?

Réponse : Evidemment, non!

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